Les premiers signes de grossesse : comment les reconnaître ?
Sommaire8 sections
- 01Comment on compte, et pourquoi ça change tout
- 02Jours 6 à 12 : rien, ou presque
- 03Semaines 4 à 6 : le retard, puis la fatigue
- 04Semaines 5 à 10 : les nausées, et tout le folklore autour
- 05Un mot sur les tests eux-mêmes
- 06Les signes qui sont surtout du bruit
- 07Ce qui ressemble à une grossesse et n’en est pas une
- 08Le test est positif : la suite en France
Presque tous les signes dits précoces de grossesse sont provoqués par la progestérone. Or la progestérone monte après chaque ovulation, qu’il y ait fécondation ou non. Seins tendus, fatigue de plomb, humeur en dents de scie, ballonnements, envie d’uriner plus souvent : une femme qui n’est pas enceinte peut ressentir exactement la même chose la semaine qui précède ses règles. C’est pour ça qu’une liste de symptômes ne sert à rien prise isolément, et que la seule chose qui tranche, c’est le calendrier. Voici donc les signes rangés dans l’ordre où ils arrivent, avec le moment où ils commencent à vouloir dire quelque chose.
Comment on compte, et pourquoi ça change tout
En France, les professionnels comptent en semaines d’aménorrhée, à partir du premier jour des dernières règles. L’ovulation tombe donc vers 2 SA et la fécondation avec elle. Résultat, quand une femme découvre un retard de règles, elle est déjà à 4 SA, soit deux semaines de grossesse réelle. Ce décalage explique la moitié des malentendus dans les forums : quelqu’un qui dit « j’ai eu des nausées à 6 semaines » parle en réalité de quatre semaines d’embryon.
Cette échelle sert aussi de garde-fou. Chercher un symptôme trois jours après un rapport, c’est chercher quelque chose qui n’existe pas encore : l’œuf n’est même pas fixé, et le corps n’a reçu aucun signal hormonal nouveau.
Jours 6 à 12 : rien, ou presque
Une minorité de femmes remarque à ce moment-là un saignement très léger, rosé ou brunâtre, qui dure quelques heures à deux jours. On l’appelle saignement d’implantation. Il est plus clair et bien plus court que des règles, et il tombe quelques jours avant la date attendue de celles-ci, ce qui le fait souvent prendre pour des règles en avance et très faibles.
Autre indice utilisable pour celles qui suivent leur température au réveil : après l’ovulation, la température basale monte de deux à quatre dixièmes de degré. Si elle reste haute plus de dix-huit jours d’affilée, sans redescendre, c’est un signal solide. La méthode demande de la rigueur, un thermomètre pris chaque matin avant de poser un pied par terre, et elle tombe à l’eau à la moindre nuit courte ou au moindre rhume.
Semaines 4 à 6 : le retard, puis la fatigue
Le retard de règles reste le signe le plus fiable, à condition d’avoir des cycles réguliers. Chez les femmes dont les cycles varient de 25 à 40 jours, il ne veut pas dire grand-chose avant une bonne semaine de décalage. Un stress important, un voyage, une perte de poids rapide ou l’arrêt d’une contraception suffisent aussi à décaler une ovulation, donc les règles.
La fatigue arrive juste derrière, et elle ne ressemble pas à une fatigue ordinaire. Les femmes qui la décrivent parlent d’un besoin de dormir irrésistible en milieu d’après-midi, pas d’une baisse d’énergie. La progestérone a un effet sédatif direct, et le corps met en place une circulation sanguine supplémentaire à ce moment précis. Elle s’atténue en général vers la fin du premier trimestre.
Les seins deviennent tendus, lourds, parfois douloureux au simple contact du tissu. L’aréole fonce, un signe plus spécifique que la simple tension mammaire, et les petites glandes qui l’entourent, les tubercules de Montgomery, ressortent.
Semaines 5 à 10 : les nausées, et tout le folklore autour
Entre la moitié et les trois quarts des femmes enceintes ont des nausées. Elles commencent vers 5 ou 6 SA, culminent vers 9 ou 10 SA, et disparaissent le plus souvent entre 14 et 16 SA. Le terme « nausées matinales » est trompeur : elles frappent aussi bien à 18 h, et elles sont souvent déclenchées par une odeur précise (café, poisson, parfum d’un collègue) plutôt que par la faim.
L’hyperémèse gravidique, forme sévère avec vomissements incoercibles et perte de poids, concerne moins de 2 % des grossesses et relève d’une prise en charge médicale, parfois d’une hospitalisation. Elle n’a rien à voir avec le fait de « mal supporter » sa grossesse, et elle ne se traite pas avec des biscuits secs.
Ne pas avoir de nausées du tout ne signifie rien de particulier. C’est une inquiétude qui revient souvent et qui n’a pas de fondement : beaucoup de grossesses se déroulent sans un seul haut-le-cœur.
Un mot sur les tests eux-mêmes
Tous les tests urinaires vendus en pharmacie ou en grande surface cherchent la même hormone, avec des seuils de détection proches. Payer 12 euros plutôt que 3 n’achète pas de la fiabilité, ça achète un affichage numérique et parfois une estimation du nombre de semaines. Le test à 3 euros du rayon parapharmacie dit la même chose au même moment. Vérifiez seulement la date de péremption, un test périmé peut donner un négatif faux.
Deuxième précaution, rarement écrite sur la notice : ne buvez pas un litre d’eau avant. Une urine diluée fait tomber la concentration d’hCG sous le seuil, et c’est la cause la plus fréquente de négatif chez une femme réellement enceinte qui teste au bon moment.
Les signes qui sont surtout du bruit
La fréquence urinaire augmente dès le premier trimestre, mais elle augmente aussi avec une cystite, avec le froid, avec une consommation de café. Les changements d’humeur sont réels et pourtant impossibles à distinguer d’un syndrome prémenstruel un peu marqué. Les crampes du bas-ventre, très courantes en début de grossesse à mesure que l’utérus se modifie, ressemblent trait pour trait à des douleurs de règles qui s’annoncent.
Quant à la prise de poids, elle n’a rien à faire dans une liste de signes précoces. Au premier trimestre, la plupart des femmes ne prennent rien, et celles qui vomissent en perdent. Le ventre ne s’arrondit pas avant la fin du quatrième mois pour une première grossesse. Ce qu’on voit avant, c’est du ballonnement.
Ce qui ressemble à une grossesse et n’en est pas une
Un dérèglement thyroïdien, un syndrome des ovaires polykystiques, une infection urinaire, une hyperprolactinémie, un simple arrêt de pilule : tous ces états produisent un cocktail de retard de règles, de fatigue et de tension mammaire. Un test négatif répété à trois jours d’intervalle et toujours pas de règles, c’est un motif de consultation, pas un motif d’acheter un troisième test.
Le test est positif : la suite en France
Un test urinaire positif est fiable. Les faux positifs sont rares, limités à quelques situations précises comme un traitement contenant de l’hCG ou une grossesse qui s’arrête très tôt. Il n’est donc pas nécessaire d’en refaire trois pour se rassurer.
La première consultation prénatale doit avoir lieu avant la fin du troisième mois, idéalement autour de 8 à 10 SA. Elle peut se faire chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme, et beaucoup de femmes ignorent que les sages-femmes suivent les grossesses sans complication de bout en bout, avec des délais souvent bien plus courts. L’échographie de datation se situe entre 11 SA et 13 SA plus 6 jours, la fenêtre est étroite et les rendez-vous se prennent très en avance.
La déclaration de grossesse à la caisse d’assurance maladie et à la CAF se fait avant la fin de la quatorzième semaine de grossesse. Sept consultations prénatales sont prévues au total, prises en charge à 100 % à partir du sixième mois.
Reste une chose qu’aucune liste ne dira à votre place : deux grossesses de la même femme peuvent se manifester de façon complètement différente. La première avec six semaines de nausées, la seconde avec rien du tout. Ce n’est ni bon signe ni mauvais signe, c’est simplement ainsi.
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