Octobre au jardin : entre préparation et anticipation
Sommaire4 sections
En octobre, sur la Côte d'Amour, la terre garde encore 13 à 15 degrés alors que l'air est retombé à 12. C'est cette inversion qui fait tout : une racine plantée maintenant continue de travailler pendant six à huit semaines, dans un sol tiède et déjà humide, avant que le froid ne l'arrête. Le même plant mis en terre en mars devra s'installer en pleine montée de sève, avec un printemps souvent sec en Loire-Atlantique. D'où la façon de trier le travail du mois : ce qui exige d'être fait dans les trente jours, et ce qui peut attendre janvier sans dommage.
Ce qui a une date butoir
Les bulbes de printemps arrivent en tête. Crocus, narcisses, tulipes, mais aussi perce-neige et scilles, tous demandent une période de froid pour fleurir. Plantés en décembre, ils sortent chétifs ou pas du tout. Octobre est le bon moment pour préparer la floraison du printemps prochain, à trois fois la hauteur du bulbe, pointe en l'air, dans un sol qui ne retient pas l'eau. Sur les terrains sableux du bord de mer, ils s'en sortent très bien. Dans les terres lourdes de l'arrière-pays, une poignée de sable au fond du trou évite la pourriture.
La prairie fleurie relève de la même logique. Semée début octobre, elle lève avant les gelées et démarre avec deux mois d'avance sur un semis de mars. Les vivaces en godet aussi : un gaura, une achillée, une sauge plantés maintenant auront un système racinaire capable d'encaisser la sécheresse de juillet.
Et puis il y a les arbres et arbustes à racines nues, disponibles chez les pépiniéristes à partir de la Sainte-Catherine, le 25 novembre. Le dicton n'a pas vieilli : à cette date, tout bois prend racine.
Le potager et le verger passent en mode couverture
Une fois les dernières tomates ramassées et les courges rentrées, la question n'est plus quoi planter mais comment ne pas laisser la terre nue. Un sol découvert pendant l'hiver perd sa structure sous la pluie, et la Loire-Atlantique reçoit environ 800 mm par an, dont une bonne part entre octobre et février. Carton brun, paille, feuilles mortes ou tonte séchée, en couche de 5 à 10 cm : les vers montent, la matière se décompose sur place, et en mars la terre se travaille à la grelinette au lieu de la bêche.
Au verger, poires, pommes et kakis se cueillent selon la même règle : si le fruit se détache quand on le soulève d'un quart de tour, il est prêt. Les fruits tombés au sol ne se laissent pas traîner, ils abritent carpocapse et monilioses jusqu'au printemps. Ramassez, sortez-les du verger, et gardez-les hors du compost s'ils sont pourris.
Les granulés de bois au jardin : une bonne idée à nuancer
Si vous chauffez avec des poêles à granulés, l'idée d'utiliser un fond de sac en paillage circule beaucoup. Elle tient debout, à une condition : que les granulés soient purs bois, sans liant ni additif, ce qui est le cas des sacs certifiés DINplus ou ENplus A1. Ils gonflent au premier arrosage et forment un matelas de sciure qui retient l'humidité correctement.
Sur le prix, en revanche, le calcul ne tient pas. À 6 ou 7 euros le sac de 15 kg, le mètre carré paillé revient plus cher que de la paille ou du broyat de haie, souvent gratuit en déchèterie. Réservez-les aux petites surfaces : pieds de rosiers, jardinières, potées d'agrumes.
Le bassin et l'éclairage, avant que les jours ne tombent
Un bassin qui reçoit les feuilles de l'automne sans filet passe l'hiver à fabriquer de la vase. Tendez un filet à mailles fines au-dessus du plan d'eau, coupez les plantes aquatiques à 10 cm au-dessus de la surface, rentrez celles qui craignent le gel. Vingt minutes en octobre évitent un curage complet en avril.
Reste l'éclairage. Fin octobre, avec le passage à l'heure d'hiver, la nuit tombe vers 18 heures. Deux ou trois bornes solaires posées le long de l'allée changent l'usage du jardin en soirée, à condition de les placer là où elles reçoivent vraiment du soleil dans la journée, ce qui exclut le pied de la haie nord.
Résumer cet article avec :
Partager :