Perturbations du trafic TER entre Nantes et Le Croisic en raison d'une panne de signalisation à Pornichet

Sommaire5 sections
  1. 01Deux heures de blocage en plein retour du travail
  2. 02L'information voyageurs est passée par Twitter avant tout
  3. 03Une caténaire, des branches, et un réseau exposé
  4. 04Ce qui reste quand le train ne roule plus
  5. 05Un incident parmi d'autres pour la presqu'île

Un signal en panne à Pornichet, et c'est toute la ligne Nantes - Le Croisic qui se met à l'arrêt pendant une soirée entière. Le 4 novembre 2024, en pleine heure de pointe, des voyageurs sont restés bloqués sur des quais où l'information arrivait au compte-gouttes. Cet article raconte le déroulé de cette soirée heure par heure, et surtout ce qu'un usager de la Côte d'Amour peut faire concrètement quand la ligne lâche un lundi à 17 h 30.

Deux heures de blocage en plein retour du travail

L'horaire n'aurait pas pu être plus mauvais. Entre 17 h et 19 h, la ligne transporte les navetteurs qui rentrent de Nantes ou de Saint-Nazaire vers La Baule, Le Pouliguen et Batz-sur-Mer. Pornichet est une gare de passage sur cette section littorale : quand un train s'y arrête sans pouvoir repartir, les circulations qui suivent se retrouvent coincées derrière lui, et celles qui viennent en face ne peuvent pas franchir la zone non plus.

C'est ce qui explique qu'une panne localisée sur quelques centaines de mètres de voie ait paralysé une relation de plus de quatre-vingts kilomètres. Le TER 858073, parti de Nantes vers Le Croisic, a été maintenu à quai à Pornichet. Les voyageurs à destination de La Baule-Escoublac, à cinq minutes de train de là, ont dû trouver autre chose : voiture d'un proche, taxi, ou attente sur le quai avec l'espoir d'une reprise annoncée pour la fin de soirée.

L'information voyageurs est passée par Twitter avant tout

La confirmation officielle est venue du compte TER Pays de la Loire (@TERPays2LaLoire), qui a indiqué que la circulation reprendrait vers 19 h 45 selon l'avancement des réparations. Un créneau annoncé sous réserve, comme souvent dans ce type d'incident : tant que l'agent de signalisation n'a pas rétabli le fonctionnement normal, aucune heure n'est ferme.

Le réflexe utile reste de croiser les sources. L'application SNCF Connect affiche l'état train par train, et le site régional publie les mises à jour en temps réel du trafic. Sur un incident de cette nature, la page régionale est souvent plus lisible que la fiche horaire d'un train donné, qui peut rester au vert alors que la circulation est déjà interrompue en amont.

Une caténaire, des branches, et un réseau exposé

La cause avancée renvoie aux conditions météo : des branches tombées sur une caténaire ont endommagé des équipements et perturbé le fonctionnement de la signalisation. Le média local actu.fr avait consacré un article au sujet, Pourquoi ce trafic est-il perturbé ?.

Sur ce point, il faut être clair : la ligne du littoral traverse des secteurs boisés et longtemps entretenus au coup par coup. Chaque coup de vent d'automne rejoue le même scénario. Élaguer une emprise ferroviaire coûte cher et se planifie sur plusieurs années, mais tant que ce chantier n'est pas fait, les usagers de Pornichet et de La Baule continueront de payer en soirées perdues ce qui n'a pas été investi en sécurisation des abords.

Ce qui reste quand le train ne roule plus

Les alternatives depuis Pornichet ne sont pas nombreuses en soirée. Le réseau routier régional Aléop dessert la commune, mais avec des fréquences qui n'ont rien à voir avec celles du TER aux heures de pointe. La solution la plus courante, ce soir-là, a été le covoiturage improvisé sur le parvis, entre voisins qui se reconnaissent à force de prendre le même train.

À noter que la gare de Pornichet vit par ailleurs au rythme d'un autre chantier : les travaux engagés autour du port pour plusieurs mois modifient déjà les circulations dans ce secteur de la ville. Deux perturbations distinctes, mais un même effet sur le quotidien des habitants du bas de Pornichet.

Un incident parmi d'autres pour la presqu'île

Les habitués de la ligne ont l'habitude des soirées comme celle-là. Les journées de grève nationale, comme celle du 7 mars 2023, produisent des effets comparables, avec l'avantage d'être annoncées plusieurs jours à l'avance. Une panne technique, elle, tombe sans prévenir.

Les communes du secteur ont connu d'autres épisodes de désorganisation ces dernières années, dont la cyberattaque qui a touché Pornichet, Saint-Nazaire et l'agglomération. Rien à voir avec la signalisation ferroviaire, évidemment, mais un même constat : sur ce territoire, la dépendance à une infrastructure unique se paie cher le jour où elle tombe.

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