Pornichet définit son plan budgétaire pour 2025 tout en apportant son soutien à Mayotte
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55,5 millions d'euros de budget primitif pour 2025, dont 49 % consacrés au fonctionnement des services, et 15 000 euros votés à l'unanimité pour Mayotte. Ces trois chiffres, présentés ensemble lors du conseil municipal de décembre 2024, méritent d'être remis à l'échelle : l'aide à Mayotte représente environ 1,25 euro par habitant de Pornichet, et trois centièmes de pour cent du budget communal. C'est un geste, il est sincère, et il ne faut pas le confondre avec un plan de reconstruction.
Ce que recouvrent les 49 % de fonctionnement
Le fonctionnement, dans une commune, c'est d'abord la masse salariale. Viennent ensuite l'énergie des bâtiments et de l'éclairage public, les subventions aux associations, les consommables et les contrats d'entretien. Pour Pornichet, cela représente de l'ordre de 27 millions d'euros sur les 55,5 millions annoncés.
Une part de 49 % n'a rien d'anormal pour une commune de cette taille. Ce qui compte davantage, c'est l'écart entre les recettes de fonctionnement et ces dépenses : cet écart, l'épargne brute, finance les investissements. Plus il est large, moins la commune emprunte. C'est précisément cet équilibre que la municipalité met en avant quand elle parle d'autofinancement.
Zéro hausse d'impôts : ce que la commune contrôle vraiment
La municipalité a maintenu ses taux d'imposition. Attention au raccourci : ne pas augmenter les taux ne veut pas dire que la taxe foncière n'augmente pas. Les bases locatives sur lesquelles s'applique le taux communal sont revalorisées chaque année par la loi de finances, en fonction de l'inflation. Sur les exercices récents, cette revalorisation a été loin d'être négligeable.
Un propriétaire pornichétin peut donc parfaitement voir son avis d'imposition grimper alors que le conseil municipal n'a rien voté. Le maire n'y est pour rien, mais l'affichage « pas d'augmentation d'impôts » mérite cette précision, sans quoi il crée une déception au moment de l'avis d'automne.
15 000 euros pour Mayotte : la bonne façon de lire le montant
Rapporté aux besoins de Mayotte après le passage du cyclone Chido en décembre 2024, où l'on parle de milliards d'euros de reconstruction pour le bâti, les réseaux et les écoles, 15 000 euros ne pèsent rien. Rapporté à ce que fait une commune de 12 000 habitants pour un territoire situé à 8 000 kilomètres, c'est cohérent avec ce qu'ont voté des centaines d'autres municipalités françaises pendant la même quinzaine.
L'utilité de ces votes tient moins au montant qu'à leur addition. Quand plusieurs centaines de communes versent chacune entre 5 000 et 50 000 euros à un fonds commun, l'ensemble devient une ressource réelle et rapidement mobilisable, sans attendre les crédits d'État qui arrivent plus tard et par d'autres canaux.
Ce que ce budget ne dit pas
Un budget primitif reste une prévision votée avant que l'année commence. Il ne dit rien du rythme auquel les crédits seront réellement consommés, et l'écart peut être large : sur les opérations d'investissement, une commune de cette taille exécute rarement plus de 70 à 80 % de ce qu'elle a inscrit, faute d'entreprises disponibles ou à cause de recours et de retards de chantier. Le document à réclamer, pour juger, s'appelle le compte administratif. Il est voté au printemps suivant, il passe beaucoup plus inaperçu, et c'est pourtant le seul qui raconte ce qui s'est passé.
Le point aveugle du budget d'une station balnéaire
Pornichet entretient des équipements calibrés pour un mois d'août, avec les recettes d'une commune de 12 000 habitants. Voirie, réseaux, plages, sanitaires, stationnement, sécurité : tout est dimensionné pour une fréquentation qui dure huit à dix semaines et qui ne paie pas la taxe foncière ici.
La taxe de séjour et les recettes de stationnement compensent en partie, jamais en totalité. C'est la contrainte de fond derrière chaque budget communal du littoral, et elle explique pourquoi la question de l'autofinancement revient chaque année dans le discours du maire.
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