Pornichet : Explorer la dynamique familiale dans la fratrie pour une parentalité épanouie

Sommaire6 sections
  1. 01Le cadre pratique
  2. 02La rivalité n'est pas le problème
  3. 03Les places dans la fratrie, sans les clichés
  4. 04La psychogénéalogie, et ce qu'elle vaut
  5. 05Deux ou trois choses qui marchent
  6. 06Le reste de l'offre à Pornichet

Une soirée sur la fratrie, c'est rarement ce qu'on croit. On y vient en pensant repartir avec des méthodes pour que les enfants arrêtent de se disputer, et on passe le plus clair du temps à parler de sa propre place dans sa propre famille. L'atelier « Vivre sa parentalité » du jeudi 6 février 2025, à Pornichet, ne promettait pas autre chose : deux heures d'échanges entre parents, animées par une psychothérapeute, sur les places, les rivalités et ce qu'elles fabriquent. Sans recette et sans grille d'évaluation.

Le cadre pratique

La rencontre était programmée à 20 heures aux P'tites Ficelles, avenue de la Virée Loya, et animée par Sophie Bureau, psychothérapeute. Elle s'adressait aux parents d'enfants de 6 à 11 ans.

Cette tranche d'âge n'a rien d'arbitraire. Avant 6 ans, la question qui domine est celle de l'arrivée du puîné et de la place qu'on perd. Après 11 ans, l'adolescence rebat les cartes et la fratrie passe au second plan derrière les amis. Entre les deux, les enfants comparent, mesurent, tiennent les comptes, et c'est le moment où les parents entendent le plus souvent la phrase qui les épuise : « c'est pas juste ».

La rivalité n'est pas le problème

Sur ce point, le discours ambiant se trompe régulièrement. Les disputes entre frères et sœurs ne sont pas un dysfonctionnement à éliminer : elles sont le terrain où l'enfant apprend à négocier, à perdre, à réparer, avec des gens qu'il ne peut pas quitter. C'est le seul endroit de sa vie où il expérimente le conflit sans risque de rupture définitive.

Ce qui abîme, c'est autre chose. C'est l'arbitrage systématique par le parent, qui transforme chaque désaccord en procès et donne un gagnant. C'est aussi l'assignation à un rôle : le sérieux, l'artiste, le compliqué, le facile. Une étiquette collée à 7 ans se décolle très mal à 40.

Les places dans la fratrie, sans les clichés

Aîné responsable, cadet inventif, dernier gâté : ces portraits circulent depuis un siècle et ils ne résistent pas bien à l'examen. Les travaux sérieux sur le rang de naissance trouvent des effets faibles et très dépendants du contexte, de l'écart d'âge, du sexe des enfants, du milieu, des circonstances de la famille au moment de chaque naissance.

Ce qui se joue est plus concret. Un aîné n'a pas eu les mêmes parents que le troisième, tout simplement parce que ce n'étaient pas les mêmes années : un déménagement, une perte d'emploi, un deuil, une maladie changent l'ambiance d'une maison bien plus qu'un rang de naissance. Deux enfants d'une même fratrie racontent souvent deux enfances différentes, et ils ont raison tous les deux.

La psychogénéalogie, et ce qu'elle vaut

L'atelier abordait aussi l'influence de la place que le parent occupait, enfant, dans sa propre fratrie. L'observation de départ est solide : beaucoup de parents rejouent quelque chose de leur histoire sans le voir, en protégeant systématiquement le cadet parce qu'ils étaient cadets, ou en exigeant du sérieux de l'aîné parce qu'on leur en a exigé.

Autant être franc sur la suite : la psychogénéalogie, telle qu'elle est pratiquée par certains, va beaucoup plus loin que ça et postule des transmissions sur plusieurs générations qui n'ont aucune validation scientifique. Prise comme un outil de réflexion, elle aide à repérer ses automatismes. Prise comme une explication de tout, elle sert surtout à trouver un coupable trois générations en arrière. La nuance vaut la peine d'être posée avant de s'asseoir en cercle.

Deux ou trois choses qui marchent

Ce qui ressort le plus souvent de ce genre de soirée tient en peu de choses. Arrêter de chercher qui a commencé, parce que la réponse est fausse une fois sur deux et que la recherche du coupable entretient la surenchère. Donner à chaque enfant un temps seul avec chaque parent, même court, même vingt minutes le samedi matin, parce que c'est le manque de ça qui alimente la comparaison. Et laisser les enfants régler ce qu'ils peuvent régler, en n'intervenant que sur ce qui devient physique ou humiliant.

L'égalité stricte, en revanche, se retourne contre les parents qui s'y accrochent. Deux enfants n'ont pas les mêmes besoins au même âge, et compter les cadeaux au centime près apprend surtout à compter.

Le reste de l'offre à Pornichet

Les P'tites Ficelles ne sont pas seules sur ce terrain. D'autres dispositifs existent sur la Presqu'île, dont Graine de Famille, animé par Emilie Morzuch, avec des groupes de parole et des séances individuelles. Le réseau des lieux d'accueil enfants-parents et les permanences sociales de la commune complètent le tableau pour les familles qui cherchent un appui plus suivi.

Reste que ces soirées ne remplacent pas un suivi quand la situation est difficile. Elles servent à autre chose : entendre trois autres parents décrire exactement la scène qu'on croyait être seul à vivre, et repartir avec ça.

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