Pornichet : les acteurs du secteur et le grand public se donnent rendez-vous pour la première édition d'Equi'Festival
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L'hippodrome de Pornichet vit onze mois par an au ralenti. Quelques dizaines de réunions de trot, un gros pic l'été avec les nocturnes, et le reste du temps une piste, des tribunes et un rond de présentation qui ne servent presque à personne. C'est ce calendrier troué que la première édition d'Equi'Festival vient remplir : trois jours d'occupation du site, avec des professionnels de la filière équine d'un côté et des familles de l'autre. Voilà l'intérêt principal de cet événement, et il vaut mieux le dire franchement que parler de « carrefour d'échanges ».
Un équipement qui cherche des usages hors saison
L'hippodrome se trouve à l'ouest de la commune, à la limite de La Baule, à quelques minutes du front de mer et de la gare. Il partage sa raison d'être avec La Baule : c'est l'hippodrome de la Côte d'Amour, et sa saison forte tient en une poignée de réunions estivales. Le reste de l'année, la piste sert aux entraînements et les bâtiments dorment.
Un festival de trois jours ne change pas ce modèle économique. Il fait autre chose : il montre que le site peut recevoir du public hors des jours de course, avec du stationnement, des accès pompiers et des sanitaires déjà en place. C'est un argument que les organisateurs d'événements regardent avant tout le reste, bien avant le charme du lieu.
Le volet professionnel : qui vient, et pourquoi
La filière équine des Pays de la Loire n'est pas un secteur de niche. Élevage de trotteurs, centres équestres, écuries de propriétaires, maréchalerie, transport de chevaux, alimentation : le tissu est dense entre l'estuaire, la Brière et le vignoble. Ces métiers se croisent d'habitude sur des salons nationaux, à plusieurs heures de route.
Un rendez-vous local a une utilité concrète pour eux. Un maréchal-ferrant qui cherche un apprenti, un éleveur qui veut montrer trois produits, un vendeur de matériel qui teste une gamme de sellerie sur un public régional : ce sont des raisons prosaïques de bloquer trois jours d'agenda. Le texte d'origine parlait de « dernières innovations du domaine ». Dans les faits, on parle surtout de recrutement, de prix des fourrages et de coût vétérinaire.
Le volet grand public : démonstrations, baptêmes et files d'attente
Sur ce type d'événement, le programme familial tient en trois blocs : des démonstrations en carrière (attelage, voltige, travail à pied), des baptêmes à poney pour les moins de dix ans, et des stands. Le troisième bloc décide de l'ambiance générale, parce que c'est là que les gens passent le plus de temps.
Un conseil de terrain : les baptêmes poney saturent dans la première heure d'ouverture. Si vous venez avec un enfant qui veut monter, arrivez tôt, prévoyez des chaussures fermées et ne comptez pas sur une place à l'ombre. Un hippodrome, c'est plat et découvert, et un après-midi d'avril peut y être venteux.
Le port, la ville et le reste du calendrier
Pornichet mène en parallèle un chantier bien plus lourd que ce festival : le réaménagement de ses ports de plaisance, engagé au début des années 2020 sous la mandature de Jean-Claude Pelleteur. Les deux dossiers n'ont aucun lien opérationnel, ils ne sont même pas dans le même quartier, mais ils relèvent de la même logique municipale : étaler la fréquentation en dehors de juillet-août. Le détail du projet portuaire est présenté ici.
Sur le port comme à l'hippodrome, la question posée est la même. Une commune de la Côte d'Amour gagne l'essentiel de son chiffre d'affaires sur huit semaines. Tout ce qui remplit avril, mai, septembre ou octobre vaut plus cher, par jour d'ouverture, qu'un week-end de plein été où les hébergements sont déjà pleins.
Le rôle de l'office de tourisme, sans le gonfler
L'office de tourisme de Pornichet relaie l'information et coordonne une partie de la logistique d'accueil. Sa mission couvre aussi l'emploi saisonnier, sujet permanent dans une station où les employeurs cherchent chaque printemps des saisonniers qu'ils ne trouvent pas, faute de logement abordable. Ouest-France a consacré un article à cet engagement de l'office, à lire ici.
Attention à ne pas confondre les deux dossiers. Un office de tourisme qui organise un forum de l'emploi saisonnier ne fabrique pas pour autant un festival équestre : il l'inscrit à son agenda, l'affiche en vitrine et répond au téléphone. C'est déjà beaucoup pour une équipe de station balnéaire, et c'est plus honnête que de lui attribuer la paternité de l'événement.
Y aller, ou pas
Si vous montez déjà, la réponse est simple : trois jours de démonstrations et de stands à quinze minutes de chez vous, c'est une occasion qui ne se représente pas souvent en Loire-Atlantique. Si vous ne connaissez rien au cheval, venez plutôt en fin de matinée, restez deux heures, regardez une reprise d'attelage et parlez à un maréchal-ferrant. C'est le métier le plus impressionnant à voir de près, et personne n'y pense.
Reste la question que tout le monde se pose devant une première édition et à laquelle personne ne peut répondre en avril : est-ce que ça revient l'année suivante ? Ça dépendra du nombre d'exposants qui auront rentabilisé leur stand. Pas de la météo, pas de la fréquentation affichée dans le bilan.
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