Pornichet : Marguerite Gellard célèbre son centième anniversaire
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Le lundi 20 janvier 2025, Marguerite Gellard a fêté ses cent ans à la résidence de la Côte d'Amour, à Pornichet, la veille de son anniversaire réel : elle est née le 19 janvier 1925 à Guérande. Autour d'elle, sa famille, des résidents, le maire Jean-Claude Pelleteur et Nicole Dessauvages, vice-présidente du CCAS. Voilà les faits, et ils tiennent en quatre lignes. Le reste, ce qui fait qu'une commune de 10 000 habitants se déplace pour une bougie de plus, mérite qu'on s'y arrête, parce que ce petit rituel municipal en dit long sur la façon dont on vieillit sur le littoral.
Ce qu'on sait, et ce que l'article d'origine brodait
Une précision d'honnêteté avant d'aller plus loin. La première version de ce texte prêtait à Marguerite Gellard des « écrits », un « patrimoine culturel » à transmettre, « plusieurs fonctions exercées » et une « empreinte indélébile » sur la commune. Rien de tout cela n'était sourcé. Ce qui est documenté tient à la date de naissance, au lieu de naissance, à la date de la fête et à la liste des personnes présentes. Le compte rendu paru dans la presse locale, à lire sur maville.com, s'en tient d'ailleurs à peu près à cela.
Une centenaire n'a pas besoin d'une biographie augmentée pour être intéressante. Née en 1925 dans la cité médiévale, elle avait quatorze ans en septembre 1939 et vingt ans à la Libération. Saint-Nazaire, à quinze kilomètres, a été rasée à 85 % par les bombardements et est restée en poche allemande jusqu'au 11 mai 1945, dix jours après la capitulation de Berlin. Une jeune fille du pays guérandais n'a pas traversé ces années-là dans l'abstraction.
Le protocole du centenaire, mode d'emploi
Dans la plupart des communes françaises, l'anniversaire d'un centenaire suit un scénario stable. Le CCAS, centre communal d'action sociale, tient la liste des aînés de la commune et repère la date. Le maire ou un adjoint se déplace, en général dans l'établissement où réside la personne. Il y a des fleurs, parfois une médaille de la ville, un gâteau, et une photo pour le bulletin municipal. Le passage du maire n'a rien d'obligatoire, aucun texte ne l'impose : c'est un usage, entretenu commune par commune.
La présence conjointe du maire et de la vice-présidente du CCAS, comme le 20 janvier 2025 à Pornichet, marque justement que la visite relève de l'action sociale communale, pas seulement de la représentation. Le CCAS gère aussi les colis de fin d'année, le registre des personnes vulnérables en cas de canicule et l'aide au maintien à domicile.
Résidence autonomie : ni domicile, ni Ehpad
La résidence de la Côte d'Amour appartient à cette catégorie intermédiaire qu'on appelle depuis la loi de 2015 les résidences autonomie, anciennement foyers-logements. Le principe : des logements individuels, un loyer, des espaces communs, une restauration, une présence humaine, mais pas de soins médicalisés permanents. On y entre en général vers 80 ou 85 ans, quand la maison devient trop grande ou l'escalier trop raide, et on y garde ses meubles et ses habitudes.
Ce modèle explique la scène du 20 janvier. Une fête de centenaire dans une résidence autonomie ne se passe pas dans une chambre, mais dans une salle commune, avec les voisins de palier. C'est la différence entre un anniversaire médicalisé et un anniversaire de quartier.
Vieillir à Pornichet, un cas particulier
La commune n'a pas la structure d'âge d'une ville moyenne ordinaire. Comme La Baule, Le Pouliguen ou Batz-sur-Mer, elle attire des ménages qui achètent en vue de la retraite, souvent après des années de résidence secondaire. Résultat : une population hivernale nettement plus âgée que la population estivale, des services de santé sous tension en juillet et août, et des besoins de portage de repas ou d'aide à domicile qui ne suivent pas les mêmes courbes que dans l'arrière-pays.
Cette réalité pèse sur les finances communales autant que sur les trottoirs. Un centenaire à la résidence de la Côte d'Amour, c'est aussi le signe d'une commune qui a construit et entretenu des équipements pour ses aînés depuis plusieurs décennies.
Une bougie, et une commune qui se regarde
Reste l'image du 20 janvier : une femme née sous la présidence de Gaston Doumergue, entourée de gens qui n'étaient pas nés quand elle avait déjà cinquante ans. Ces célébrations servent moins à honorer la personne qu'à rappeler aux autres résidents, et aux élus, que la vieillesse se passe quelque part, avec quelqu'un. Le reste est affaire de gâteau. Un second compte rendu de cette journée a été publié sur ce site, dans l'article consacré au siècle de vie de Marguerite Gellard.
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