Pornichet : Priorité au travail avant les élections

Sommaire6 sections
  1. 01Le terrassement face à l'hippodrome, argument de campagne avant l'heure
  2. 02Un conseil municipal expédié en moins d'une heure
  3. 03Troisième mandat : la réponse est « on verra », et c'est une réponse
  4. 04L'exposition itinérante du 23 septembre, format à double tranchant
  5. 05Ce qu'un habitant peut faire d'ici le scrutin
  6. 06Un climat qui se tend un an avant l'échéance

« Priorité au travail » : la formule revient dans la bouche de Jean-Claude Pelleteur chaque fois qu'on l'interroge sur 2026. Elle ressemble à du bon sens municipal. C'est d'abord une position de campagne, et elle mérite d'être lue comme telle. À un peu plus d'un an du renouvellement des conseils municipaux, un maire sortant qui refuse de parler d'élections choisit son terrain : celui du bilan, des chantiers visibles, des engins sur les terrains communaux. Voilà ce que dit vraiment cette phrase, et ce qu'elle laisse de côté.

Le terrassement face à l'hippodrome, argument de campagne avant l'heure

Les pelles de CISN ont ouvert un terrain communal situé en vis-à-vis de l'hippodrome, pour préparer une résidence. Rien d'extraordinaire dans le déroulé d'un chantier. Mais l'endroit compte : c'est un des points de passage que tout le monde voit en allant vers les tribunes ou en remontant vers Sainte-Marguerite. Un terrassement à cet emplacement se remarque plus qu'une réfection de réseau enterrée sous une rue résidentielle.

Un maire sortant sait cela. Le chantier qui se voit vaut discours. Il installe l'idée d'une commune qui bouge, sans qu'aucune promesse ait besoin d'être formulée. C'est efficace, et c'est aussi la limite de l'exercice : un terrain remué ne dit rien du prix de sortie des logements, ni du nombre d'entre eux qui resteront accessibles à une famille pornichétine.

Un conseil municipal expédié en moins d'une heure

La minorité « Pornichet C'est Vous » a mis les pieds dans le plat après une séance bouclée en moins de soixante minutes. Le reproche porte moins sur la durée que sur la manière : des interventions coupées, des échanges refermés avant d'avoir été ouverts. Le maire a été mis en cause pour avoir interrompu des prises de parole.

Sur ce point, le calcul de la majorité se défend mal. Une séance courte peut traduire une préparation soignée en commission. Elle peut aussi traduire l'inverse : l'absence de débat public sur des délibérations qui engagent la commune pour dix ans. Les habitants n'ont aucun moyen simple de trancher entre les deux, sauf à lire les procès-verbaux, ce que presque personne ne fait.

Troisième mandat : la réponse est « on verra », et c'est une réponse

Interrogé sur ses intentions, Jean-Claude Pelleteur ne ferme pas la porte à une nouvelle candidature en 2026. Il dresse un bilan qu'il juge solide, en rappelant que son mandat a été traversé par la crise sanitaire, laquelle a décalé ou gelé une partie des projets entre 2020 et 2022.

L'argument est recevable. Il ne suffira pas. Un troisième mandat consécutif dans une commune de la taille de Pornichet se défend sur des chiffres précis : combien de logements livrés, à quel prix, quelle évolution de la fiscalité locale, quel état de la dette communale. Tant que ces éléments ne sont pas posés côte à côte, le « bilan positif » reste une appréciation, pas une démonstration.

L'exposition itinérante du 23 septembre, format à double tranchant

Le maire a prévu de retrouver les habitants le 23 septembre autour d'une exposition itinérante présentant les travaux achevés et les projets à venir. Le format a ses qualités : il sort de la salle du conseil, il va chercher des gens qui ne viennent jamais aux réunions publiques, il permet de poser une question sans microphone et sans tour de parole.

Il a aussi un défaut connu : une exposition montre ce qu'on a choisi de montrer. Des panneaux, des vues d'artiste, un agent municipal pour expliquer. Les sujets qui fâchent, eux, ne se logent pas facilement sur un kakémono : la pression foncière, le nombre de résidences secondaires, la difficulté à loger les saisonniers et les employés des commerces de la ville.

Ce qu'un habitant peut faire d'ici le scrutin

Attendre les professions de foi de 2026 pour se faire une opinion revient à juger sur la dernière ligne droite, celle où tout le monde promet la même chose. Il existe des points d'entrée plus utiles. Les séances du conseil municipal sont publiques : y assister une fois, même une heure, en apprend davantage sur le fonctionnement réel d'une majorité que dix tracts. Les comptes de la commune sont consultables. Le budget primitif, voté en début d'année, indique noir sur blanc ce que la ville prévoit de dépenser et où.

Les documents d'urbanisme méritent aussi un coup d'œil : hauteurs autorisées, secteurs constructibles, part de logement social imposée aux opérations neuves. Le terrain face à l'hippodrome n'est pas sorti de nulle part, il y figurait bien avant l'arrivée des pelles.

Un climat qui se tend un an avant l'échéance

Les tensions observées en séance ne sont pas un accident de parcours, elles sont la règle dans la dernière année d'un mandat. Chaque camp installe son récit : la continuité et les chantiers menés à terme d'un côté, une gestion refermée sur elle-même de l'autre. Les mêmes faits, lus dans deux sens opposés.

Pour un Pornichétin, l'enjeu n'est pas de choisir un camp dès février 2025. Il est de repérer, dans les mois qui viennent, quels dossiers avancent réellement et lesquels servent de décor. La différence se voit sur le terrain, pas dans les communiqués.

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