Pornichet : Un scandale caché ? Découvrez pourquoi ce permis de construire a été accordé sur le blockhaus de Congrigoux !
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Disons-le tout de suite : rien, dans le dossier du blockhaus de Congrigoux, ne ressemble à un scandale. Il y a, en juillet 2024, un permis affiché depuis des mois entre Congrigoux et Bonne Source, un avis des Architectes des bâtiments de France qui a pris son temps, et une mairie qui a laissé passer plus d'un an sans dire qui allait peindre quoi. Le silence n'est pas la preuve d'une combine, et sur le sentier des douaniers il fabrique des rumeurs plus vite qu'un panneau d'affichage ne les dissipe.
Pourquoi il faut un permis pour peindre un bunker
Beaucoup de promeneurs butent sur ce point : on parle de peinture, alors pourquoi un permis de construire ? Parce qu'un blockhaus du Mur de l'Atlantique posé en haut d'un talus, face à la baie, coche à peu près toutes les cases qui déclenchent une procédure lourde. On est en site littoral protégé, l'aspect extérieur des ouvrages y est encadré, et l'intervention modifie durablement un volume visible depuis la plage comme depuis le sentier côtier. S'y ajoute la technique : un bloc de béton armé exposé aux embruns depuis quatre-vingts ans se prépare avant d'être peint.
Le rôle des ABF, souvent mal compris
L'Architecte des bâtiments de France ne vote pas pour ou contre l'art urbain. Il regarde l'effet du projet sur le site et sur les vues. À Pornichet, cela donne des questions concrètes. Quelle lisibilité aura la fresque depuis la plage de Bonne Source à marée basse ? Les teintes vont-elles capter le regard au détriment de la ligne d'horizon ? Le geste reste-t-il réversible, c'est-à-dire effaçable sans abîmer le béton ? Un dossier qui repart deux fois en modification met un an, ce qui n'a rien d'irrégulier.
Le vrai reproche : la commune n'a rien dit
Le point faible du dossier n'est pas juridique, il est politique. La ville a indiqué avoir retenu un collectif local et évoqué un motif tournant autour de la faune, de la flore et des trois îles au large. Ni les noms des artistes, ni la manière dont ils ont été choisis, ni le budget n'ont été rendus publics. Sur un ouvrage visible par tout le monde et financé par de l'argent public, c'est cette absence qui alimente le soupçon, bien plus que le contenu du permis.
Ce que ça change pour le patrimoine de guerre
Repeindre un blockhaus divise, et le débat déborde largement Pornichet. Ces ouvrages sont des documents : ils disent l'occupation, la défense côtière, le travail forcé qui les a bâtis, et les couvrir de couleurs vives brouille cette lecture. Mais la plupart ne sont ni classés ni entretenus. Mon avis, puisqu'il faut trancher : peindre n'efface rien tant que le geste est documenté. Un panneau rappelant la date de l'ouvrage et sa fonction dans le dispositif côtier coûte quelques centaines d'euros et règle la moitié de la controverse. C'est ce qui n'apparaît nulle part dans ce dossier.
Source: www.saintnazairenews.fr
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