Pornichet : Une énergie prometteuse chez les passionnés de judo
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Trois cent cinquante judokas sur les tatamis d'une même journée, cela représente quatre aires de combat à tracer, une pesée à organiser, des commissaires de table à trouver, une buvette à tenir et un parking à gérer. Le club de judo de Pornichet a fait tourner cette machine en 2024. C'est cet aspect-là de l'histoire qui mérite d'être raconté : derrière la belle vitalité affichée, il y a une poignée de bénévoles qui organisent une compétition régionale dans une salle municipale, et qui recommencent l'année suivante.
Ce que représente une compétition de 350 combattants
Le chiffre paraît anodin. Il ne l'est pas. Avec 350 inscrits, on tourne autour de plusieurs centaines de combats à faire passer dans la journée, chacun réglé au chronomètre, avec un arbitre central et une table de marque. Les poules se constituent la veille au soir à partir des pesées et des catégories d'âge, le planning glisse toujours, et les clubs qui montent ce type de rendez-vous y consacrent un mois de préparation pour huit heures de compétition.
Un club jeune, dans une ville qui vieillit l'hiver
Pornichet compte un peu plus de 10 000 habitants à l'année, avec une population qui explose en juillet et qui se vide le reste du temps. Pour un club de sport, cette saisonnalité complique tout : les effectifs de septembre ne ressemblent pas à ceux de mai, une partie des familles sont des résidents secondaires, et le recrutement se joue sur quelques semaines à la rentrée. Monter un club de judo dans ce contexte en 2013 et le voir peser dans le paysage régional dix ans plus tard n'a rien d'automatique.
Le club a ouvert ses créneaux à partir de 8 ans et complète le judo par des séances de renforcement musculaire, des sports collectifs et des sorties collectives, du type Up2Play. Ce choix n'est pas cosmétique : un enfant de 9 ans qui ne fait que du kata et des randoris pendant trois ans finit souvent par lâcher. Ceux qui restent sont ceux à qui le club a donné une bande de copains.
Lucie Nguema Oudo, et la mécanique des sélections
Parmi les judokas du club, Lucie Nguema Oudo a été sélectionnée en catégorie minimes. Ce mot de sélection mérite d'être expliqué, parce qu'il recouvre une réalité assez rude. Chez les minimes, on parle d'athlètes de 13 à 14 ans qui s'entraînent souvent trois à quatre fois par semaine, se pèsent, apprennent à gérer un poids de catégorie, et se déplacent le week-end à plusieurs heures de route. La sélection récompense une saison entière de résultats, pas un bon dimanche.
Reste la question dont personne ne parle : que devient un jeune de 14 ans repéré dans un club de bord de mer, quand la structure d'entraînement de haut niveau se trouve à Nantes ou plus loin ? Beaucoup arrêtent là, pas faute de talent, mais parce que la famille ne peut pas suivre les trajets.
Les valeurs affichées et ce qu'on en fait le mardi soir
Tous les clubs de judo de France affichent le même code moral : politesse, courage, sincérité, honneur, modestie, respect, contrôle de soi, amitié. Rédigé au mur d'un dojo, ce texte ne coûte rien. Ce qui compte se joue dans les détails du cours : la façon dont l'entraîneur reprend un gamin qui se moque de son partenaire, le salut exigé avant et après chaque randori, le fait qu'un ceinture noire de 17 ans travaille avec un débutant de 10 ans sans lui faire mal. Le judo se transmet là, ou pas du tout.
Comment s'y prendre si on veut essayer
La porte d'entrée est la même pour un adulte et pour un enfant : un cours d'essai en semaine, un kimono emprunté les premières fois, une licence fédérale. Les premières séances sont physiquement ingrates, parce qu'on apprend d'abord à tomber. Passé ce cap, le reste vient. Les tarifs restent ceux d'un club associatif de commune moyenne.
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