Pornichet : Une évolution prometteuse pour le basket local
Sommaire6 sections
- 01Un club de gymnase, pas une académie
- 02Les créneaux de salle, la monnaie du basket amateur
- 03Les écoles initient, elles ne remplissent pas les effectifs
- 04Arbitres et table de marque : le poste qui casse en premier
- 05Se déplacer coûte plus cher que jouer
- 06Ce qu'il faudra regarder à la fin de la saison
Quand on écrit qu'un club de basket connaît une évolution prometteuse, on sous-entend souvent qu'un talent est en train de sortir du lot. À Pornichet, la réalité se situe ailleurs. Ce qui fait grandir ou reculer le basket dans une commune de la Côte d'Amour tient à trois choses très prosaïques : le nombre d'heures de gymnase attribuées le soir, le nombre de parents prêts à tenir une table de marque le samedi, et la capacité à trouver des voitures pour aller jouer à Guérande ou à Savenay. Le reste suit.
Un club de gymnase, pas une académie
Le Basket Club Pornichet fonctionne comme la plupart des clubs de bord de mer : des équipes de jeunes qui portent l'effectif, quelques équipes seniors qui portent l'ambiance, et un bureau de bénévoles qui porte tout le reste. Dans une ville d'environ dix mille habitants, coincée entre La Baule et Saint-Nazaire, le vivier est mécaniquement limité. On ne recrute pas, on récupère les enfants du quartier, ceux du collège, les frères et sœurs de licenciés.
Cette taille a un avantage que les gros clubs perdent vite : personne n'est anonyme. L'entraîneur des U11 connaît le prénom de chaque gamin et sait lequel arrive à pied et lequel dépend du covoiturage. Elle a aussi un défaut, et il est sérieux. Une catégorie peut disparaître en un été parce que cinq joueurs partent au lycée à Saint-Nazaire et qu'aucune arrivée ne compense.
Les créneaux de salle, la monnaie du basket amateur
Un club de basket ne peut pas s'entraîner sur un terrain extérieur en janvier, sur la côte, avec le vent qui vient du large. Il lui faut un parquet couvert, chauffé, tracé aux bonnes dimensions, avec des paniers réglables pour les petits. À Pornichet comme ailleurs, ces salles sont partagées avec le handball, le volley, le badminton, les scolaires en journée et parfois la gym le mercredi.
Le planning des créneaux se négocie en fin de saison, à la mairie, et il détermine tout ce qui suit. Un club qui obtient deux soirs par semaine pour ses jeunes peut ouvrir une équipe supplémentaire. Un club qui perd une heure la repousse sur un créneau à 21 h, inutilisable pour des collégiens. Les dirigeants qui font la queue pour ces arbitrages ne parlent jamais de projet sportif dans ces réunions, ils parlent d'horaires.
Les écoles initient, elles ne remplissent pas les effectifs
Les interventions en milieu scolaire, très mises en avant dans les communications municipales, font découvrir le ballon à des classes entières. C'est utile et ça coûte peu. Mais il faut être clair sur le rendement : sur une classe de vingt-cinq enfants qui touchent un ballon pendant six séances, deux ou trois prennent une licence, rarement plus. La conversion se fait surtout quand un copain est déjà au club et qu'un parent accepte de conduire.
Arbitres et table de marque : le poste qui casse en premier
Chaque rencontre officielle réclame un arbitre et deux personnes à la table, marqueur et chronométreur. Les fédérations imposent aux clubs de former leurs propres arbitres, sous peine d'amende ou de pénalité au classement. C'est la contrainte dont personne ne parle et qui use les bureaux.
Former un jeune arbitre demande une session de formation, un tuteur, et surtout de le protéger pendant ses premiers matchs, quand un parent en tribune conteste chaque coup de sifflet. Les clubs qui tiennent sur la durée sont ceux qui ont réglé ce point. Sur ce sujet, la comparaison avec le nombre de licenciés ne veut rien dire : un club de cent cinquante joueurs sans arbitres formés est plus fragile qu'un club de quatre-vingts qui en a trois.
Se déplacer coûte plus cher que jouer
Les championnats départementaux de Loire-Atlantique envoient les équipes à Nantes, Châteaubriant, Ancenis, parfois plus loin en région. Pour une équipe de jeunes, chaque déplacement mobilise quatre voitures et un dimanche entier. Le budget carburant, le minibus quand il y en a un, l'assurance des conducteurs bénévoles : ces lignes pèsent souvent plus lourd que les ballons et les maillots.
C'est aussi ce qui explique pourquoi un club côtier plafonne. Monter d'un niveau, c'est allonger les trajets, donc perdre des familles qui ne peuvent pas suivre. Plusieurs clubs de la presqu'île ont choisi de rester où ils sont plutôt que d'imposer ça à leurs parents. Le calcul est défendable.
Ce qu'il faudra regarder à la fin de la saison
Si le basket pornichétin a réellement progressé, ça se verra à des signes simples : une catégorie de jeunes de plus qu'à la rentrée précédente, deux arbitres supplémentaires formés au club, et un gymnase ouvert un soir de plus par semaine. Ces trois marqueurs se vérifient en une conversation avec le président. Ils en disent bien davantage qu'un communiqué sur les talents émergents de la Côte d'Amour.
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