Pornichet : une marche engagée pour soutenir l'association Chrysalide
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Six euros pour dix kilomètres. C'est le prix d'entrée de la marche organisée à Pornichet au profit de l'association Chrysalide, et c'est par ce chiffre qu'il faut prendre l'événement, parce qu'il dit exactement de quoi il s'agit. Une marche solidaire ne finance pas un bâtiment ni un poste salarié. Elle remplit une caisse d'appoint, celle qui sert à payer un fauteuil, une attelle ou une série de séances que la Sécurité sociale ne prend pas en charge, et que la famille avancerait sinon sur son compte courant.
Ce que six euros achètent réellement
Le raisonnement mérite d'être fait à voix haute, parce que personne ne le fait jamais sur les affiches. Une marche qui rassemble deux cents adultes payants rapporte mille deux cents euros bruts. Retirez le balisage, la buvette si elle n'est pas offerte, l'assurance, les tirages d'affiches, et il reste de quoi couvrir une aide ponctuelle, pas un programme annuel. Ce n'est pas un défaut du format, c'est sa nature. Les associations qui accompagnent des enfants en situation de handicap fonctionnent avec un empilement de petites recettes de ce type, et chacune bouche un trou précis.
Le trou en question est presque toujours le même : l'écart entre ce qui est remboursé et ce que coûte le matériel adapté. Un fauteuil de série est pris en charge ; le siège moulé, la commande adaptée, le tricycle, le siège de bain, l'ordinateur à commande oculaire le sont partiellement ou pas du tout. Les séances de rééducation en libéral, elles, sont facturées à la famille dès qu'elles sortent du cadre d'un établissement. Ce sont ces lignes-là que la caisse d'une association locale absorbe.
Chrysalide, une structure de proximité
L'association est basée à Saint-Nazaire et accompagne des enfants et des jeunes en situation de handicap ainsi que leurs familles. À côté des recettes d'événements, elle s'appuie sur un cercle de membres bienfaiteurs, Une Chrysalide pour deux, qui règlent un droit d'entrée puis une adhésion annuelle. L'intérêt de ce mécanisme est moins le montant collecté que sa régularité : il alimente une réserve mobilisable rapidement, quand une famille se retrouve avec une facture qu'elle n'avait pas anticipée.
C'est la différence entre une association qui vit d'événements et une association qui vit de cotisations. La première fait de gros pics et de longs creux, la seconde peut répondre en quinze jours. Chrysalide joue sur les deux tableaux, ce qui est la bonne façon de faire quand on n'a pas de financement public récurrent.
Deux parcours, deux publics
Le choix de proposer une boucle de trente minutes à côté du circuit de dix kilomètres n'est pas cosmétique. Dix kilomètres, c'est deux heures de marche à allure de promenade : hors de portée pour un grand-parent, pour un enfant de quatre ans, et pour une partie des familles concernées par la cause elle-même. Une manifestation en faveur de l'inclusion qui ne proposerait qu'un parcours sportif aurait un problème de cohérence. La boucle courte le règle.
Le tarif gratuit pour les enfants tient de la même logique. Une famille de quatre paye douze euros au lieu de vingt-quatre. Sur une matinée de printemps, l'arbitrage se fait vite.
Les bénévoles, ligne budgétaire invisible
Le balisage d'un parcours de dix kilomètres, les points d'eau, l'accueil, la sécurité aux traversées : compté au tarif horaire, ce travail dépasserait la recette de la journée. Il est fourni par des bénévoles, souvent les mêmes qui encadrent les jeunes de l'association le reste de l'année. Cette continuité change quelque chose sur le terrain : les familles présentes le dimanche matin connaissent déjà les visages, et l'événement ressemble moins à une opération de collecte qu'à une sortie entre gens qui se voient régulièrement.
Marcher à Pornichet fin avril
Le décor aide. Fin avril sur la côte, le sentier littoral est encore respirable, la lumière est bonne dès neuf heures, et la station n'a pas basculé dans son régime d'été. Dix kilomètres depuis Pornichet mènent facilement vers Sainte-Marguerite et la pointe, ou de l'autre côté vers le port et les quais. Le parcours n'est pas plat partout, quelques passages en escaliers et en planches ponctuent le littoral, ce qui vaut d'être vérifié pour qui pousse un fauteuil.
Il reste une question que ces événements posent sans jamais la formuler : pourquoi une famille doit-elle compter sur une marche du dimanche matin pour financer un siège adapté. La réponse n'est pas du ressort d'une association de Saint-Nazaire. En attendant qu'elle vienne d'ailleurs, six euros et dix kilomètres restent une contribution utile, et probablement la plus agréable à fournir.
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