Pourquoi Simon Berthaud (APCC) pourrait-il révolutionner la voile à Pornichet ?

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Sommaire4 sections
  1. 01Le carré d'as, ce que ça veut dire sur l'eau
  2. 02Pourquoi la baie est un bon plan d'eau, et pourquoi elle est piégeuse
  3. 03Ce qu'un bon résultat change vraiment pour un club
  4. 04Ce qu'on peut raisonnablement attendre à Pornichet

Un coureur ne révolutionne pas la voile d'une ville. En juillet 2024, Simon Berthaud, engagé sous les couleurs de l'APCC, s'est hissé dans le carré d'as d'une régate courue à Pornichet. C'est un bon résultat sportif, pas un plan de transformation du nautisme local. Reste une question plus intéressante : qu'est-ce qu'un skipper qui va loin dans un tableau final change concrètement pour un club et pour un plan d'eau ?

Voilier de régate sous spinnaker dans la baie, par vent portant

Le carré d'as, ce que ça veut dire sur l'eau

L'expression désigne le dernier carré : les quatre équipages encore en lice à l'issue des phases précédentes. Sur ce type de format, on ne gagne pas au chrono mais au duel ou au cumul de manches courtes, avec des départs serrés, des parcours réduits et des arbitres sur l'eau qui sanctionnent en direct. La faute se paie tout de suite, parfois par un tour de pénalité qui coûte la course.

Atteindre ce stade suppose une régularité qu'une victoire isolée ne prouve pas : passer les départs, encaisser les changements de brise, ne pas exploser sur une manche ratée. C'est ce que le résultat de juillet 2024 dit de Berthaud.

Pourquoi la baie est un bon plan d'eau, et pourquoi elle est piégeuse

La baie de La Baule offre un plan d'eau dégagé, des fonds réguliers et une mise à l'eau facile depuis Pornichet. Pour poser un parcours de régate à quelques encablures de la plage, difficile de faire mieux sur cette portion du littoral.

Le revers est connu de tous ceux qui courent ici : l'après-midi, la brise thermique se lève et bascule. Un bord qui payait à 13 h ne paie plus à 15 h. Ceux qui connaissent la baie gagnent des places sans toucher un réglage, simplement parce qu'ils anticipent la rotation. C'est là que se joue l'écart entre un équipage de passage et un équipage local.

Ce qu'un bon résultat change vraiment pour un club

Pas grand-chose du jour au lendemain, et un peu beaucoup sur trois ans. Un coureur qui se signale attire des jeunes vers la section sportive, donne un argument aux dirigeants quand ils vont chercher un partenaire, et fait exister le nom du club dans les comptes rendus de régate. Rien de spectaculaire, mais c'est le carburant ordinaire d'une association sportive.

Ce qui fait grandir un club de voile est nettement moins photogénique : le nombre d'entraîneurs disponibles le mercredi et le samedi, l'état de la flotte collective, le prix de la licence et de la cotisation, la capacité à sortir par vent fort sans immobiliser tout le monde. Un club qui perd son encadrement perd ses coureurs en deux saisons, quels que soient ses résultats.

Ce qu'on peut raisonnablement attendre à Pornichet

Le port de plaisance est l'un des plus gros de la façade atlantique et la ville accueille régulièrement des épreuves. L'ossature est là. Ce qui manque le plus souvent au nautisme local, ce sont des places au port à un tarif accessible pour de petites unités et des créneaux d'entraînement encadrés hors saison, quand les plages sont vides et que le vent est bon.

Alors non, un coureur ne va pas réinventer la voile à Pornichet. Il peut donner envie à une dizaine de gamins de s'inscrire en septembre. Sur ce terrain-là, un dernier carré en juillet pèse plus qu'un discours.

Source: www.ouest-france.fr

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