Quel est le secret de cet habitant de Pornichet qui veille sur les touristes pour qu'ils ne se fassent pas avoir ?
Sommaire5 sections
Le secret, c'est qu'il n'y en a pas. Ouest-France racontait en juillet 2024 l'histoire d'un habitant de Pornichet qui s'était donné pour occupation de prévenir les vacanciers avant qu'ils ne se fassent avoir. Aucun réseau clandestin là-dedans, aucune enquête : un type du quartier qui répète les mêmes trois ou quatre phrases à des gens qui débarquent, parce qu'il sait ce qui les attend et qu'eux ne le savent pas. Ce que ce genre de vigie dit vraiment aux touristes mérite d'être écrit noir sur blanc, parce que ce sont toujours les mêmes pièges, et qu'ils n'ont presque rien à voir avec l'arnaque.
La marée, sujet numéro un
Sur cette côte, le marnage dépasse cinq mètres en vives-eaux. Concrètement, la mer se retire très loin sur les plages de la baie, découvre des bancs de sable et des rochers, puis remonte plus vite qu'on ne l'imagine, y compris par l'arrière.
Chaque été, des promeneurs partis vers le large doivent traverser de l'eau pour rentrer. Le réflexe de l'habitant, c'est de demander à quelle heure vous comptez revenir, puis de vous donner l'heure de la marée. Les horaires sont affichés aux postes de secours et sur les panneaux d'accès aux plages.
Les drapeaux et les zones surveillées
Les baignades surveillées sont délimitées et signalées, avec un drapeau vert, orange ou rouge selon les conditions. Le drapeau orange est celui qu'on lit mal : il signale une baignade dangereuse, pas une baignade autorisée à condition d'être prudent. En dehors des heures de surveillance, généralement de 11 h à 19 h en haute saison, personne ne regarde l'eau.
Les fausses locations, le seul piège qui coûte cher
C'est la mésaventure la plus fréquente et la plus lourde sur le littoral en été : une annonce de location saisonnière recopiée à partir de photos existantes, un tarif un peu en dessous du marché, une demande de virement pour bloquer la semaine, et une adresse qui n'existe pas ou qui appartient à quelqu'un d'autre. La victime s'en aperçoit devant la porte, valises à la main, un samedi d'août.
Les parades sont connues : refuser le virement direct vers un particulier qu'on n'a jamais eu au téléphone, se méfier d'un prix nettement inférieur aux autres pour la même semaine, vérifier l'adresse exacte sur une carte, exiger un contrat écrit. Une agence locale ou une plateforme qui séquestre le paiement coûte un peu plus cher et supprime le problème.
Le stationnement, l'agacement quotidien
En juillet et en août, le front de mer et les abords du port se saturent en fin de matinée. Beaucoup de vacanciers passent le séjour à tourner et à récolter des contraventions. La méthode des habitants consiste à laisser la voiture une fois pour toutes dans un quartier un peu en retrait, du côté du Bourg ou vers les zones résidentielles, et à faire les dix minutes à pied.
Pourquoi ce rôle existe
Une commune d'environ 11 000 habitants qui accueille plusieurs fois sa population en été produit forcément ce type de personnage. La mairie et l'office de tourisme informent, mais ils informent des gens qui poussent leur porte. L'habitant, lui, attrape ceux qui ne demandent rien, sur le trottoir, à la boulangerie, en sortant du parking. Ça marche mieux que n'importe quelle brochure, parce que ça arrive au bon moment.
Il n'y a donc pas de secret à révéler. Il y a un voisin qui parle aux gens, et une ville où ça se fait encore.
Source: www.ouest-france.fr
Résumer cet article avec :
Partager :