Les sauveteurs de la SNSM perfectionnent leurs compétences lors d'une formation pratique à Pornichet
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Quand on parle de la SNSM, presque tout le monde pense au maillot rouge et à la bouée sur le sable, l'été. C'est la partie visible. La formation qui s'est tenue à Pornichet du 24 au 26 novembre, l'automne précédant la publication de cet article, concernait l'autre moitié du dispositif : les équipages de canot, bénévoles à l'année, qui sortent par tous les temps et dont le travail se joue autant devant un écran radar que sur le pont. Trois jours de navigation et d'électronique de bord, pas de sauvetage sur la plage.
La distinction compte, parce que les deux métiers n'ont ni le même calendrier ni la même formation. Le nageur sauveteur saisonnier surveille une zone de baignade en juillet et août. Le canotier, lui, part quand le CROSS déclenche, en février à 3 h du matin comme en août à midi.
Le pôle national de formation est à côté, à Saint-Nazaire
Ce n'est pas un hasard si ce stage s'est tenu ici. La SNSM a installé son pôle national de formation à Saint-Nazaire, à une dizaine de kilomètres de la grande plage de Pornichet. L'estuaire de la Loire offre sur quelques milles un éventail de conditions difficile à trouver ailleurs : un chenal fréquenté par des navires de commerce, des bancs de sable qui bougent, du courant de marée, et une côte ouverte au sud-ouest où la houle d'Atlantique arrive sans obstacle.
Pour un formateur, ça veut dire qu'on peut faire travailler un équipage sur un exercice de recherche en zone de trafic le matin et sur une approche par mer formée l'après-midi, sans changer de secteur. Les stations du Grand Ouest viennent y passer leurs qualifications, et la structure sert aussi à des formations commandées par l'État, comme le rappelle la SNSM dans son article L'État fait appel aux compétences de la SNSM.
L'électronique de bord, la partie qu'on sous-estime
Un canot tous temps moderne embarque un radar, un traceur de cartes, un récepteur AIS qui affiche l'identité et la route des navires alentour, une VHF avec appel sélectif numérique et un système de communication avec le CROSS. Rien de tout ça ne s'improvise en pleine nuit avec 25 nœuds de vent et une victime à récupérer.
La difficulté n'est pas de savoir allumer les appareils. Elle est de savoir les régler quand ils mentent. Un radar mal calé sur une mer agitée noie une petite embarcation dans l'écho des vagues, et il faut jouer sur le gain et l'anti-clutter pour la faire ressortir. Une position transmise par téléphone par un plaisancier affolé arrive souvent dans un format différent de celui affiché sur le traceur. Ce sont ces gestes-là qu'on répète en stage, jusqu'à ce qu'ils deviennent automatiques.
Beaucoup de victimes à la fois : le scénario que personne n'aime
La gestion d'un grand nombre de victimes, abordée pendant ces trois jours, correspond à un cas rare et redouté : un chavirage de bateau à passagers, un incident sur un navire de croisière, un accident collectif en baie. L'équipage doit alors trier, décider qui est embarqué en premier, et transmettre au CROSS un point de situation utilisable par les moyens médicaux à terre.
Le réflexe naturel, secourir la personne la plus proche, est justement celui qu'il faut désapprendre. Sur ce point, l'entraînement sert moins à acquérir un geste qu'à accepter une règle contre-intuitive, et c'est ce qui le rend difficile.
Devenir bénévole : ce que ça demande vraiment
Le parcours du nageur sauveteur s'étale sur environ huit mois, essentiellement en soirée et le week-end, et se solde par six qualifications : les premiers secours en équipe de niveau 1 et 2, le BNSSA, le permis côtier, le certificat restreint de radiotéléphoniste et la qualification de surveillance et sauvetage aquatique en milieu naturel. La SNSM détaille le cursus dans Comment devenir nageur sauveteur.
Pour les équipages de canot, la logique est différente : la formation est continue, elle ne s'arrête jamais, et elle s'ajoute aux astreintes. Un canotier de station accepte d'être joignable une partie de l'année et d'être au poste en une vingtaine de minutes. C'est cet engagement dans la durée, plus que le courage, qui explique la difficulté du recrutement dans certaines stations.
Trois jours de stage pour des sorties qui durent quelques heures
Le rapport entre le temps d'entraînement et le temps d'intervention est très déséquilibré, et c'est normal. Une intervention type dure deux ou trois heures. Derrière, il y a des dizaines d'heures d'exercices, d'entretien du canot et de vérification du matériel. Le sauvetage réussi d'un plaisancier blessé au large de la côte sauvage du Croisic, que nous avions raconté dans ce récit d'une intervention au large du Croisic, tient en grande partie à des heures de répétition dont personne ne parle.
La SNSM explique cette organisation dans Le Pôle national de formation, un indispensable à la formation. Nous étions revenus de notre côté sur ce stage dans notre compte rendu de la formation navigation à Pornichet.
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