Pourquoi Sainte-Marguerite à Pornichet est l'endroit idéal pour les passionnés de couture et de créations ?
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Disons-le tout de suite : Sainte-Marguerite n’est pas une capitale du textile, et personne à Pornichet ne prétend le contraire. Ce quartier ne compte ni école de mode, ni mercerie de gros, ni salon professionnel. Ce qu’il a, en revanche, c’est ce qui manque à la plupart des communes de 10 000 habitants quand on coud : un endroit physique où déposer une machine qui saute des points, essayer un vêtement avant de le reprendre, et vendre trois pièces sans ouvrir sa propre boutique. Vu sous cet angle, la question du titre a une réponse concrète, et elle tient en une adresse.
Le vrai problème de qui coud en bord de mer : la machine
Une machine à coudre familiale tient vingt ou trente ans. Elle finit quand même par avoir besoin d’une révision : crochet encrassé, tension qui dérive, griffes qui n’entrainent plus le tissu. Jusqu’à récemment, la réponse dans le secteur était souvent la même, remonter sur Nantes ou envoyer la machine par transporteur, avec trois semaines d’attente et un carton à trouver.
Avoir un point d’entretien lié à la marque à Sainte-Marguerite change ce calcul. On dépose, on récupère, on repart avec sa machine. Pour une personne qui coud le week-end et qui n’a pas de véhicule, c’est la différence entre une machine réparée et une machine qui dort dans un placard pendant deux ans.
Le dépôt-vente, ou comment vendre sans louer un local
L’autre service rendu tient au dépôt-vente. Une dizaine de créateurs exposent leurs pièces dans la boutique de Céline Salesky. Le principe est ancien et rarement bien expliqué : le créateur laisse ses articles, la boutique les met en rayon et prend une commission sur ce qui part, personne ne paie de loyer.
Pour quelqu’un qui coud des sacs, des vêtements d’enfant ou des accessoires quelques heures par semaine, c’est à peu près la seule façon d’exister ailleurs que sur un marché de Noël ou sur une place de marché en ligne. Un local commercial en zone balnéaire se loue à des tarifs que ce genre d’activité ne couvre jamais.
Le voisinage compte autant que le local
La cabine d’essayage entre dans le même raisonnement. Retoucher une veste ou ajuster une robe suppose de la voir portée, debout, et on ne demande pas à une cliente de se changer derrière un portant. Un rideau et deux mètres carrés suffisent, mais il faut les avoir.
Coudre chez soi isole. Une dizaine de personnes qui déposent leurs pièces au même endroit finissent par se croiser, se prêter un patron, se dire quel fournisseur livre en trois jours et lequel oublie les commandes. Ce genre d’échange ne se décrète pas et ne se remplace pas par un groupe en ligne, où l’on parle beaucoup et où l’on ne touche jamais le tissu.
Il faut être honnête sur les limites. Une dizaine de créateurs, ce n’est pas un écosystème, c’est un carnet d’adresses. Qui cherche une formation longue, un atelier partagé avec plotter de découpe ou un fournisseur de tissus techniques ira à Nantes ou à Rennes. Ce que Sainte-Marguerite offre se situe en dessous de cette échelle, et c’est très bien comme ça : le quotidien de la couture est fait de fermetures éclair, d’ourlets et de machines à régler.
Ce que ça dit du quartier
Sainte-Marguerite s’est repeuplé en commerces ces dernières années, avec une fromagerie, un opticien, une boutique de créateurs. La couture s’y installe pour la même raison que le reste : des loyers plus abordables qu’en front de mer, des habitants à l’année, et une clientèle de vacanciers qui déborde de la plage l’été. Pour un artisan du textile, cette combinaison vaut mieux qu’un discours sur l’inspiration marine.
Source: nantes.maville.com
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